TEM envisage une diversification. Version imprimable Suggérer par mail

entreprendre_gd.jpgL'an dernier à la même époque, un climat euphorique éclairait les perspectives du secteur. L'électronique, et surtout la microélectronique, affichaient une forme insolente, et certains prévisionnistes allaient jusqu'à annoncer une croissance du marché mondial de l'ordre de + 30 % à + 40 %. Les projets fourmillaient dans la Silicon Valley provençale. Gemplus, la star des entreprises régionales, se frottait les mains à l'idée de sa prochaine introduction en bourse, ST Microélectronies inaugurait en grande pompe sa nouvelle unité de production 8 pouces. Quant à leurs très nombreux sous-traitants, ils étaient à la fête.

Las, le tassement des marchés liés au téléphone portable dès le début de l'année et les difficultés des nouvelles technologies ont eu raison de ce bel élan. Les incertitudes se font plus grandes et, signe des temps, Gemplus est en proie à un énorme conflit interne qui oppose les salariés à la direction. Dans l'électricité d'installation, la situation est similaire, si ce n'est que le revirement de la conjoncture a eu lieu plus tard. Les sept premiers mois de l'année ont été "excellents", selon les dires d'une majorité de professionnels. Le matériel électrique destiné au bâtiment a bénéficié du dynamisme de la construction grâce aux reliquats de la loi Périssol et du dispositif Besson. L'équipement industriel, à l'image de l'industrie en général, a montré jusqu'il y a peu une certaine vigueur. C'est à partir du mois d'août qu'une très forte cassure a été observée. Mais on ignore à ce jour quelle ampleur prendra la baisse.

Pour Jean-Paul Déo, une société, c'est une tranche de vie : "Les cinq premières années, l'entreprise, c'est comme un bébé. Tu es le père, tu es la mère, tout peut arriver. Les cinq suivantes, c'est l'adolescence. On est à la fois plus fort et plus fragile". Travaux Electriques du Midi entre dans sa onzième année, celle de la maturité, qui marque l'apparition dans le Top 100 de cette structure installée à Manosque. Ancien de Spi Batignoles et de Bouygues, Jean-Paul Déo, 57 ans, est retourné au pays pour reprendre TEM en 1991. L'entreprise spécialisée dans l'installation, l'entretien et la maintenance de réseaux électriques était en liquidation. Huit salariés à l'époque, 60 en 2001, l'ingénieur des arts et métiers a réussi son pari. Manosque, Allauch, La Ciotat, Cabriès, Grasse ou l'aéroport Marseille-Provence font partie des collectivités locales qui confient leur éclairage public à TEM.

En parallèle, ce patron hyper actif (il est administrateur de la FRTP et secrétaire de la CCI des Alpes-de-Haute Provence) a multiplié, en 2001, les travaux de génie civil pour le compte d'opérateurs telecom, doublant ainsi son chiffre d'affaires, qui devrait atteindre 73 millions de franes. Quant à son résultat net, il aura explosé à la fin de l'année. A la fin de l'année, TEM aura dégagé 6 MF de bénéfices contre 1 MF en 2000. "En 2002, la conjoncture sera moins favorable, j'envisage donc une diversification". Jean-Paul Déo espère ouvrir l'an prochain un centre de stockage de déchets ultimes. ' Le dossier est actuellement en phase de recevabilité à la préfecture des Alpes-de-HauteProvence.

 
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